Mes 2 semaines à Oaxaca, Mexique

Les distances au Mexique sont énormes. Il faut plusieurs jours pour traverser en bus le pays de part en part. Alors que j’avais mis quasiment une semaine en m’arrêtant dans quelques villages pour rejoindre les plages de Mazunte depuis le Guatémala, il me fallu une demi-journée pour rejoindre Oaxaca : un voyage nocturne qui nous a fait économiser, à Mikaël et moi, une nuit d’hôtel et qui nous a évité de passer quasiment une journée entière sur la route. Voici un aperçu de mes 2 semaines dans cette capitale culturelle mexicaine.

2 semaines à Oaxaca

Depuis mon arrivée en Amérique latine, on nous parlait souvent de Oaxaca comme un incontournable mexicain. Joffrey, directeur de l’Alliance française de Xela au Guatémala, nous avait donné le contact de Claire, une autre amie française, qui vit dans cette ville moyenne, peuplée d’un peu plus de 500 000 habitants. Elle voyageait sur la côte Ouest du pays au moment où nous débarquâmes et avait parlé de nous à son propriétaire pour que nous puissions emménager dans son appartement. Une colocation au nord du centre-ville, dans une résidence très charmante, avec une terrasse sur le toit. Que demander de mieux ? Nous partageâmes aussi des petits-déjeuners, discussions, soirées et rigolades avec notre voisin allemand, Enrique de son prénom espagnolisé, et Hugo, jeune mexicain de 12-13 ans qui nous aida dès le second soir à trouver une solution pour ouvrir la porte de la chambre de Mikaël, qu’il avait claqué en laissant les clés à l’intérieur. Une vraie opération MacGyver. Plus tard, on le surnommait Black Bird, en référence à la chanson des Beatles qu’il jouait à la guitare : un vrai mariachi en herbe 🙂

Nos premières soirées à Oaxaca

Les premiers jours furent assez studieux. Il fallait rattraper le temps perdu à Mazunte car, primo, la connexion internet y était chaotique et secundo, l’ambiance « plage hippie » ne s’apprêtait pas vraiment au travail sur écran. Mais dès les premiers soirs, nous sympathisions avec des artistes de la rue Porfirio Diaz, qui arbore sur ses murs, comme dans toute la ville, tags et graffitis à foison. Galeries d’art, concerts alternatifs et mezcal furent au rendez-vous de ces premières soirées à Oaxaca. Nous découvrîmes aussi l’envers du décor de la mentalité mexicaine et de son machisme accru, lors de multiples remarques à notre égard : assurez-vous qu’une femme soit célibataire avant de l’accoster pour taper la discussion. Car même si vous parlez politique, son petit ami vous regardera de travers, et au pire, demandera au responsable de la soirée de vous mettre dehors !

Entrée d'une exposition , rue Porfio Diaz

Entrée d’une exposition , rue Porfio Diaz

Tableau principal de l'expo

Tableau principal de l’expo

Bouteille de mezcal oaxaqueña

Bouteille de mezcal oaxaqueña

Le centre historique de Oaxaca, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco

Lors de votre voyage au Mexique, il serait dommage de ne pas passer quelques jours à Oaxaca qui selon beaucoup de mexicains, est une des villes les plus agréables du pays. Une partie du centre historique est piétonne et très vivante. Bien sûr, comme dans la majorité des grandes villes du monde, on y voit s’installer les multinationales de fast-food, de luxe et de mode, mais à Oaxaca, les boutiques artisanales et les commerces locaux n’ont pas dit leur dernier mot et sont encore fort présents, même dans le quartier historique et autour du zócalo (terme utilisé en espagnol pour désigner les grandes places).

Zócalo central de Oaxaca

Zócalo central de Oaxaca

Templo de Santo Domingo de Guzman

Templo de Santo Domingo de Guzman

Où sortir à Oaxaca ?

J’ai passé beaucoup de mes journées dans l’appartement de Claire. Il faut dire qu’avoir un endroit à soi, avec de quoi cuisiner (il y avait un marché bio juste à 200 mètres de l’appartement), une terrasse pour bouquiner ou réviser son espagnol et des enceintes pour écouter de la musique, c’est un cadre dont je ne dispose pas toujours en tant que nomade : le bon plan parfait pour se loger pas cher. Par contre, les soirs étaient propices aux sorties dans les bars et restaurants, aux promenades nocturnes et aux rencontres. On était début janvier et beaucoup de mexicains étaient encore en vacances. Oaxaca est une ville touristique, mais contrairement à La Antigua par exemple (ville guatémaltèque très touristique), cela ne se ressent pas énormément. J’ai tout de même passé 2 soirées avec des américains, dont un était aussi nomade, sauf que son business, c’était le tatouage. Il se trimballait avec tout son matériel et avait de nombreux amis à tatouer, en Amérique latine. Dommage qu’il ne parlait pas un brin d’espagnol. J’ai fêté nouvel an à Oaxaca, et fait de nombreuses soirées avec des couchsurfeuses, dont une a failli nous permettre de participer à une randonnée nocturne en vélo à travers la ville. Malheureusement, nous n’avions pas pensé à prendre nos passeports pour louer les vélos… Voici donc quelques endroits que je vous recommande à Oaxaca pour sortir :

  • Le Baracuda : situé dans la rue Porfirio Diaz, ce bar reçoit régulièrement des musiciens, pour des soirées latines ou jazz. La terasse est très agréable (prévoyez un petit pull si vous vous n’êtes pas comme moi entrainé au froid) et 2 bières vous coûteront 50 pesos (soit 3 euros) ;
  • Le Tabuko : le « t’as bu quoi » (mnémotechnique très efficace avec l’accent ch’ti) est une discothèque située juste en face du Baracuda. En début de soirée, il n’y a pas énormément de monde et le billard est gratuit. Si vous y allez, passez le bonjour à Laura, la barwoman, d’une gentillesse impressionnante ;
  • Culture club : près du McDonald’s de l’avenue Niños Heroes. Une ancienne discothèque qui veut se reconvertir en en salle de concert alternative. J’y ai d’ailleurs vu Chaos Party, un groupe rock de Oaxaca et me suis fait offrir par la chanteuse du groupe le CD de Miaw-Meow, qui m’a un peu fait pensé à Hole, en plus pop ;
  • Le café central : à une dizaine de mionutes à pied du centre historique, le café central est un endroit assez chic, très connu à Oaxaca. Une décoration originale, une terasse à l’étage et beaucoup de monde. Par contre, n’y passez pas toute la soirée car votre porte-monnaie s’en souviendra…

Il y a un autre bar au Nord de la rue Porfirio Diaz dont je ne me souviens pas le nom. Séparé en 2 bars d’ambiance différente, c’est dans le plus petit que j’ai bu mon premier mezcal avec un gusano à l’intérieur (une sorte de larve qui est en faite une chenille).

Une journée touristique aux alentours de Oaxaca

Alors que nous avions prévu d’explorer les alentours, nous avons passé quasiment nos 2 semaines en ville. Nous avons donc décidé, contrairement à nos habitudes, de faire une journée all-inclusive aux alentours du Oaxaca avec une agence de voyage : visite de Tule et du plus gros arbre du monde, d’une fabrique de vêtements artisanaux, d’une fabrique de mezcal, du site maya de Mitla (enfin, un site zapotèque), puis un énorme déjeuner dans un self-service à volonté et pour finir, une promenade près des cascades pétrifiées de Hierve el Agua. Le tout en à peu près 8 heures, dans un convoi de 2 bus de 12-14 personnes : américains, mexicains, québécois et autres touristes se mêlaient timidement. Je ne suis pas du tout fan de ce genre d’expédition collective. L’impression de n’être qu’un spectateur ne vaut pas l’immersion et 8 heures, route comprise, ce n’est pas suffisant pour visiter autant d’endroits. En général, j’aime assez prendre mon temps. Mais je dois vous avouer que ce jour là, Mikaël et moi étions de bonne humeur, et qu’on s’est marré tout le long de la journée. Bref, on évitera la prochaine fois mais on a quand même bien ri !

Le plus gros arbre du monde

Le plus gros arbre du monde

Tissu artisanal de Oaxaca

Tissu artisanal de Oaxaca

A l'intérieur des ruines de Mitla

A l’intérieur des ruines de Mitla

Les chutes pétrifées de Hierve el agua

Les chutes pétrifées de Hierve el agua

Et vous chers lecteurs, connaissez-vous Oaxaca ? Vous avez peut-être voyager dans la région ?