Comment voyager plus léger que son mec (mais rester mieux fringuée que lui) ?

Parce qu’une grande partie des lecteurs de ce blog sont des lectrices, et parce que les fringues sont sans aucun doute mon plus grand péché mignon matérialiste, j’accueille aujourd’hui un article très intéressant de Caro Hardy, blogueuse et freelancer nomade. Elle nous révèle ses trucs et astuces pour voyager léger, tout en restant bien fringuée. Je m’intéresse à tous les moyens d’optimiser ma garde de robe en voyage afin qu’elle prenne le moins de place possible dans le sac. Voyons avec Caro comment délester sans pour autant voyager mal fagoté :

Sac minimaliste de Caro

Si je vous dis que ma garde-robe se constitue de 6 vêtements et que je ne voyage qu’avec un petit sac à dos de 19 litres, vous allez penser que j’ai fait vœu de pauvreté ou que je suis une hippie un peu crado. Avant de vous décider, laissez-moi vous raconter comment j’en suis arrivée à voyager avec moins de choses que la plupart des baroudeurs chevronnés et surtout sans sacrifier ma petite robe noire adorée.

Assez, c’est assez ! Le jour où la chaleur tropicale a changé ma façon de voyager

Quand je suis partie pour mon année Erasmus en Allemagne en 2007, j’ai emporté 2 valises d’au moins 30 kilos chacune. J’étais tellement chargée que j’ai dû prendre le train pour ne pas dépenser une fortune en frais aériens supplémentaires. La traversée Gare Montparnasse – Gare de l’Est dans le métro parisien fut une galère sans nom !

Du coup, quand je suis partie l’hiver dernier pour 4 mois en Guadeloupe avec seulement un sac à dos de 60 L mi-plein pesant 12 kilos et un plus petit sac à dos classique pour les excursions à la journée, j’étais assez fière de moi !

Et c’est vrai que ce n’est pas trop mal si on ne compte pas trop bouger. Le problème, c’est que j’aime bien changer de location toutes les 4 à 6 semaines ou même couchsurfer. Mais trimballer son gros sac toute la journée, sous un soleil de plomb, alors qu’on ne sait pas toujours trop où l’on va, est tout sauf une partie de plaisir. Et chaque montée/descente de bus, métro ou train reste une entreprise périlleuse.

Je me suis alors convertie à l’ultra minimalisme. Au début, j’étais très sceptique : ça me semblait quand même un peu extrême de voyager pendant des mois avec seulement un bagage cabine. Et puis, très vite, en analysant mieux ce que j’avais dans mon sac, et en testant par moi-même, j’ai vu que ce n’était pas si compliqué et cette façon de voyager a pris tout son sens.

Philosophie : entre minimalisme et optimisation

Certes, l’idée, c’est de voyager avec moins. Et je me suis vite aperçue qu’une grosse partie de ce que j’emportais ne servait à rien car je portais de toute façon presque tout le temps la même tenue. Les autres vêtements étaient soit inconfortables, soit inadaptés à la situation, ou n’allaient tout simplement avec rien d’autre !

Mais je ne crois pas que tout se rapporte à ce concept abstrait de minimalisme ou à la philosophie du « less is more ». C’est davantage une question d’optimisation du matériel qu’on utilise et surtout qu’on transporte.

Tout a alors changé quand j’ai réalisé que le matériel comptait plus que la quantité.

Le vêtement du voyageur est en laine mérinos

J’ai vite compris, par exemple, que le coton, qui est le matériel principal de nos vêtements, n’est certes pas cher mais n’est pas du tout performant : ça met très longtemps à sécher, retient la respiration et les odeurs qui y sont liées et vieillit assez mal.

C’est pourquoi j’ai remplacé mes vêtements en coton par des vêtements en laine mérinos. Ce matériel souvent utilisé pour les vêtements techniques est réellement incroyable. Les vêtements sont thermorégulateurs, c’est à dire qu’ils se révèlent chauds s’il fait froid tout en ayant des propriétés respirantes s’il fait chaud, permettant à l’humidité de s’évacuer sans laisser la désagréable sensation de moiteur. Les vêtements sont très doux, contrairement à ce que peut laisser croire la laine et sèchent incroyablement vite. Mais surtout, et c’est là l’un de ses avantages comparé au synthétique, cette incroyable laine néo-zélandaise ne retient pas les odeurs pendant des jours ! Au début, je m’extasiais de pouvoir porter mon t-shirt 3 jours d’affilée avant de le laver. Et puis j’ai constaté que je le lavais plus par habitude que par nécessité. Progressivement, j’ai pu ajouter un jour de plus, puis deux et constater qu’il sentait encore le vêtement propre ! Maintenant, j’en suis arrivée au rythme de laver mes vêtements rapidement à la main (ce qui les abîment moins d’ailleurs) une fois par semaine – même si je fais du sport – et en machine quand j’ai le luxe d’en avoir une, c’est à dire une fois tous les 15 jours environ. Il y a même un gars qui a porté le même t-shirt pendant un mois complet, jour et nuit. Je ne tenterai pas mais c’est pour vous dire à quel point ce matériel est performant.

Icebreacker est la marque qui produit les vêtements en laine mérinos les plus solides à ce jour. Elle développe par ailleurs de plus en plus une collection « voyageur », à l’instar de la Villa Dress, ma petite robe noire désormais devenue l’incontournable de ma garde-robe. On peut donc être habillé avec des vêtements techniques de qualité sans pour autant avoir l’air d’aller skier en Autriche, alors qu’on veut seulement aller flâner quelques jours à Venise.

Avoir des vêtements qui demandent peu de maintenance est un réel soulagement pour les voyageurs. Il est important d’avoir du matériel sur lequel on peut compter.

Les principes fondamentaux : versatilité, superposition et compromis

Le point crucial de la valise minimaliste est que tout doit aller avec tout. C’est ma règle ultime quand je choisis d’emporter un vêtement. Chaque élément doit servir plusieurs fonctions et doit se combiner avec plusieurs autres vêtements. Superposer est la clé pour s’adapter en fonction des températures. Et on peut pour une fois apprécier que la tendance mode du moment soit de notre côté et abuser des leggings et des collants sous les jupes ou les shorts.

Il est également inutile de prévoir la solution parfaite pour tous les scénarios possibles et imaginables. Je l’ai appris à mes dépends alors que j’avais emmené en Guadeloupe mes chaussures de randonnée ! Je ne les ai portées que pour mes jours de transit, parce qu’elles ne logeaient pas dans mon sac. Malheureusement, elles n’allaient avec rien non plus et je ne me suis pas sentie très à l’aise pour sortir boire un verre un soir à Paris avec ces chaussures aux pieds… L’idée de voyager léger est de trouver un compromis qui couvre la majorité des situations. Alors si le but de votre voyage n’est pas expressément le trek, ne prenez pas des chaussures de rando. La plupart des randos ou excursions sont accessibles avec une bonne paire de tennis ou bottines en cuir.

Quand on a besoin de matériel spécialisé pour une activité spécifique ponctuelle, il est préférable de louer le matériel au lieu de l’acheter au préalable (soi-même) pour être sûr d’avoir du matériel adapté à la situation. Dans la même idée, il n’est pas utile d’emporter un paréo si vous allez au soleil. Vous pouvez en acheter un sur place si vous en avez vraiment besoin et vous en débarrasser avant de partir. C’est bon pour l’économie locale et, souvent, on apprend très bien à se passer de ce qu’on n’a pas.

Quant au style, c’est chacun qui voit. Fondamentalement, si ce n’est pas quelque chose que vous portez dans la vie de tous les jours chez vous, il y a peu de chance que vous le portiez alors que vous voyagez mais l’idée, c’est de trouver quelque chose d’approprié pour le plus de situations variées, que ce soit à la plage, dans des temples, à la campagne, en ville, en treks, etc…

Pour les couleurs, j’ai tendance à privilégier une seule palette de couleurs et plutôt sans motifs. Mais c’est surtout parce qu’une des choses qui m’inquiétait le plus, c’était que les gens remarquent que je porte toujours les mêmes vêtements. Alors je pensais qu’en choisissant des couleurs neutres, plus passe-partout, les gens le remarqueraient moins. J’ai voulu expliquer à mon coloc’ après un mois de cohabitation à Berlin pourquoi je portais toujours les mêmes vêtements mais il se trouve qu’il n’avait rien remarqué du tout ! Peu de gens oseront vous faire la remarque de toute façon. Et si c’était le cas, c’est une bonne introduction pour lancer la conversation sur la laine mérinos et le fait que vous voyagez beaucoup. Mais la vérité, c’est qu’on est beaucoup moins intéressant qu’on croit l’être. De plus, il faut vraiment être sacrément accoutré pour se faire remarquer de nos jours.

Rien qu’en choisissant des vêtements de qualité, vous pouvez réduire suffisamment leur quantité pour avoir un sac d’une taille maximum de 35 litres et ainsi ne plus avoir à enregistrer de valise en soute, vous épargnant du temps, le stress lié au risque que la compagnie aérienne égare votre sac (ou que quelqu’un prenne votre valise à la réception des bagages) et de l’argent. Ryanair prend entre 15 et 25 euros par vol et par bagages (sans compter les surpoids). A raison de 10 vols par an, ce qui va vite quand on n’a pas forcément de vols directs, c’est 250 euros par an, soit ma robe, mon débardeur, mes chaussettes et mon t-shirt Icebreacker !

Caro et son sac, au bord d'une rivière

Caro et son sac, au bord d’une rivière

Le défi de la trousse de toilette qui passe en bagage à main

Le problème pour les filles qui n’enregistrent pas de bagages, c’est la trousse de toilette. Et c’est là la grosse différence à mon avis entre les voyageuses minimalistes et les voyageurs minimalistes. Tout simplement parce qu’on utilise davantage de produits au quotidien. Mais il y a quand même quelques petites choses qui permettent de l’améliorer considérablement.

Tout d’abord, essayer de privilégier les produits solides. La marque Lush propose pas mal de choses en terme de shampooing/après shampoing, déo ou dentifrice solide, ou encore Dr Bronner qui est le savon/la lessive préféré(e) des voyageurs.

Pour les liquides restants, vous avez droit à 100 ml max par produit sachant qu’ils doivent tous entrer dans un sac plastique fermé transparent de 20 cm sur 20 cm, type sac de congélation. Vous pouvez utiliser les réceptacles de la marque GoToob par exemple pour vos gels ou liquides dont vous ne pouvez vous passer.

Concernant la serviette de bain, soit vous pouvez choisir une peau de chamois essorable ou alors vous tourner vers les serviettes en microfibre qui sèchent très rapidement. C’est un gain de place important.

Les lingettes démaquillantes à l’eau et réutilisable de Lamazuna m’ont aussi permis de réduire considérablement ma trousse de toilette. Une seule suffit d’ailleurs. Une fois utilisée, il suffit de la rincer rapidement à l’eau avec un tout petit peu de savon et vous n’avez alors plus besoin ni de tous vos cotons jetables, ni de votre pot de démaquillant habituel.

Et enfin, la question des produits hygiéniques qui est le point épineux des voyageuses parce qu’ils prennent beaucoup de place et sont source de stress dans la mesure où on ne trouve pas des tampons toujours facilement partout. Pour y remédier, je me suis convertie aux cups (ou coupes menstruelles). Ça requiert certes un petit peu de pratique au début, mais ça en vaut vraiment la peine : vous ne serez plus jamais prise de court et vous êtes tranquille pour 12 heures d’affilée !

Mon cadeau spécial pour les lecteurs du Projet Kalagan

Je viens tout juste de préparer une vidéo spécialement pour les lecteurs du Projet Kalagan. Allez faire un tour sur cette page de mon blog et laissez votre adresse e-mail pour que je vous donne le lien vers une vidéo de 12 minutes dans laquelle je prépare mon sac de voyage pour un mois de vadrouille en Islande et en Irlande.

Merci beaucoup d’avoir lu cet article, et n’oubliez pas d’aller voir Le Blog de Caro Hardy, un blog sur le travail freelance, la vie nomade, et diverses expérimentations.

L'avis de Kalagan

Je voyage très léger et pars en général avec mon sac de randonnée de 60L, dans lequel j’arrive à caler un petit sac de 20 litres. Par contre, si je veux rajouter 2-3 affaires, je suis obligé de passer en mode sac de rando derrière et sac à dos d’appoint devant (voir mon article sur ma liste de voyage au Kenya). Cette configuration est très fatiguante quand il fait chaud, quand j’ai besoin de faire de la route, de prendre des transports en commun… Diminuer mon nombre de fringues est devenu pour moi la seule possibilité de voyager encore plus léger (j’en suis pour l’instant à 13-14kg). Cela fait plusieurs fois que j’entends parler d’Icebreacker. Je crois que je franchirai le pas quand je me rendrai à Paris cet été. Tous les témoignages que j’en ai eus, dont celui de Caro, sont à chaque fois très positifs. Il ne restera alors plus qu’à trouver des chaussures multi-usages, qui permettent de faire de la rando, du footing et d’avoir la classe en ville. Caro, une idée ?