Quitter son job et monter sa boîte

Quitter son job quand on est en CDI dans une période de crise, c’est pas si évident que ça. Il faut être sûr de savoir ce que l’on veut, et planifier son départ de manière intelligente. Il est important pour toutes les personnes avec qui ont a passé de dures journées de labeurs, et pour soi-même, de s’en aller dignement et respecter tous les collègues qui n’ont pas fini d’en baver. Par ailleurs, il serait dommage de ne pas profiter une dernière fois et le plus possible de tous les avantages que l’entreprise met à votre disposition.

Quitter son job

Je me suis donc dit qu’il fallait impérativement que je prépare cette transition, et que je la planifie. Voici donc le fruit de mes réflexions, sous la forme d’un planning :

Début Novembre : prise de rendez-vous à la CCI

J’ai décidé de créer mon entreprise seul, et je ne suis pas dans la logique d’aller chercher des prêts chez les banques, de m’associer avec des Business Angels ou autres aides financières. J’ai déjà côtoyé le milieu des “investisseurs”, et ça ne correspond pas à l’idée que je me fait de mon entreprise. De plus, à part un serveur web et un peu de publicité, je n’aurais pas de frais de fonctionnement important, donc pas besoin de gros financement. Je vais juste profiter d’une aide de la Chambre du Commerce et de l’Industrie, qui propose à travers le PRCTE (Programme Régional de Création et Transmission d’Entreprise) une prestatation gratuite de formation et de conseil :

  • Numéro de téléphone unique : 0 811 00 59 62 (prix d’un appel local)
  • 1 heure d’accueil permettant un pré-diagnostic
  • 4 h à 8h d’accompagnement pour le montage du projet
  • Des formations à la création d’entreprise
  • L’accès à des organismes de financement (prêt, garantie, capital risque)
  • 15 à 25 h de suivi après la création de l’entreprise
  • Réunions de sensibilisations, forums, etc

J’effectue cette démarche afin d’avoir un avis extérieur sur mon projet et sur ma transition salarié/indépendant. Après un rendez-vous au “point info conseil”, me voilà en relation avec un expert e-commerce du CCI.

Prévenir son manager et les RH

Maintenant que je me suis assuré que mon projet est vivable “administrativement”, je lance le processus : réunion avec mon manager, avec la directrice des ressources humaines, et prise d’un rendez-vous afin de discuter d’une “rupture conventionnelle”. Il n’y a pas de préavis pour une tel rupture de contrat. Il faut compter une période de 15 jours de rétractation, puis 15 jours d’attente validation du dossier par la DDE (Direction départementale de l’emploi). J’ai justement rencontré récemment une demoiselle spécialiste dans le droit du travail, qui peut m’aider pour ma rupture conventionnelle (ceci dit, maquée et fidèle).

Choisir une date de départ

Je prévois donc un départ durant janvier / février, afin de bénéficier de la prime d’intéressement (présence obligatoire au 31 décembre) et de laisser quelques semaines à mon équipe pour trouver un remplacement. Par ailleurs, avant même mon pot de départ, je devrais me préparer aux questions de mes collègues : que leur dire ?

Préparer un scénario

Comme vous avez pu le remarquer, je préfère être discret sur mon projet et je ne veux pas que tout le monde sache dans quelle aventure je m’embarque. J’avais pensé leur dire que je monte une pizzeria bio avec des amis, mais il ne faudrait pas que je tombe sur un pizzaiolo en herbe. Je pourrais leur dire simplement, que j’ai envi de parcourir le monde, comme un nomade, en risquant que l’on me prenne pour un fou. Ou alors leur dire que mon projet est secret, et qu’ils en seront plus dans quelques mois. Et pourquoi ne pas tout leur expliquer et les laisser surfer sur mon blog en toute honnêteté ? Je vais devoir mélanger toutes ses idées à bon escient, ou inventer un gros canular. J’y réfléchis encore …

S’en aller dignement

Je n’ai jamais été fan des pots entre collègues : j’ai l’habitude de les esquiver gracieusement, et d’en profiter pour finir plus tôt. Je m’apprête tout de même à quitter l’entreprise où j’ai passé prêt d’un an et demi. J’y est côtoyé des centaines de personnes, les unes connaissent mes projets “extravagants”, d’autres me prennent pour un surfeur avéré, mais la plupart me connaissent comme un fêtard lillois, un peu tête en l’air. Je vais donc finir en beauté en organisant un ptit pot au boulot, pour enchainer sur un soirée “tournée générale” pour les lillois. Ça fait quand même un baille que j’attends ce moment !!!