Revenus passifs ou prestations de services : lesquels choisir ?

Si vous désirez emmener à l’étranger votre entreprise sur internet, vous devez avoir un modèle économique rentable et solide. Vous devez être certain de générer un minimum de revenu mensuel pour ne pas devoir retourner à la case départ. Vous allez me dire qu’on ne peut jamais prévoir à l’avance si notre entreprise va marcher ou non. Et vous avez raison… Mais on peut au moins mettre en place certaines règles qui minimisent les risques d’échec. J’explique dans cet article la règle essentielle que j’applique à mon activité concernant mes sources de revenus. Cette règle m’a sauvé à plusieurs reprises et n’est que l’application du bon vieux proverbe : ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier.

Revenus passifs et prestations de services

Les revenus passifs :

Un revenu passif, c’est un revenu qui ne dépend pas directement du temps qu’on passe à le générer. La rente et les dividendes en sont l’exemple le plus courant. Sur le web, on considère comme revenus passifs la publicité à l’affichage, au clic ou à la commission, l’affiliation sur la vente de produits ou de services, ou bien la vente de produits d’information. Les revenus passifs dépendent de 3 choses : du trafic, des taux de transformations (clics, inscription à une newsletter, efficacité d’une page de vente…) et du revenu par transformation (CPC, CPM, pourcentage d’affiliation, marge sur un produit…). C’est un peu l’Eldorado de l’entrepreuneur sur internet, les fameux revenus “automatiques”, la base de la légende “s’enrichir sans rien faire” !

Les avantages du revenu passif

  • Une fois qu’il est mis en place, il ne dépend plus directement du temps qu’on y passe. Le revenu passif est un investissement à moyen et long terme.
  • La plupart des revenus passifs peuvent être complètement automatisés. On peut donc générer des revenus passifs en dormant, en prenant des vacances ou en travaillant sur d’autres types de revenus.
  • Avec une bonne stratégie, ils peuvent s’accumuler au fur et à mesure. C’est par exemple le cas des agences web, qui générent des revenus passifs sur l’hébergement des sites internet de leurs clients ou bien de l’affiliation par commissions mensuelles, comme le propose par exemple le service d’emailing d’Aweber.

Les inconvénients des revenus passifs

  • Les revenus passifs sont croissants, mais faibles. Il faut environ 50.000 affichages pour générer au maximum 200 euros par mois de publicité classique (ce rapport que j’utilise, c’est une sorte étalon qui donne une idée chiffrée de rentabilité. Cela dépend bien sûr de beaucoup d’autres facteurs).
  • Pour générer un revenu passif correct (disons 1500 euros par mois), il faut souvent plusieurs annés de travail ;
  • Si on ne l’entretient pas, un revenu passif décroît avec le temps. Moins de clics sur les publicités, diminution inévitable du nombre potentiel d’acheteurs parmi son audience, banner blindness… Il doit donc être couplé à un travail récurrent de visibilité.

Les prestations de service :

La prestation de service est la forme de revenu la plus répendue. Elle consiste à « la mise à disposition d’une capacité technique ou intellectuelle » ou à « la fourniture d’un travail directement utile pour l’usager, sans transformation de matière » (voir Wikipedia). C’est une prestation, qui dans de nombreux secteurs, est facturée de manière horaire, directement (sur la facture) ou indirectement (calculée par le prestataire).

Sur internet, les prestations de service représentent une grosse partie des revenus des indépendants : designers ou graphistes, référenceurs, community managers, traducteurs, développeurs, rédacteurs… Beaucoup de ces métiers peuvent d’ailleurs être exercés en tant que digital nomads.

Les avantages des prestations de service

  • Un prestataire avec quelques années d’expérience peut afficher des tarifs journaliers assez élevés. En France, le tarif minimum d’un webmaster s’élèvent à 300 euros la journée. Pour un référenceur, un consultant ou un coach, on s’approche plutôt de 600 euros la journée.
  • Travailler pour des clients est un excellent moyen d’acquérir de l’expérience, de rester à jour dans son domaine et se former un réseau ;
  • Grâce aux nouvelles technologies, beaucoup de prestations de services peuvent être gérés sans contraitnes géographiques.

Les inconvénients des prestations de service

  • Avoir un modèle économique exclusivement lié aux prestations de services limite le revenu du prestataire, à moins qu’il embauche ou qu’il sous-traite, ce qui est problèmatique dans certains cas. Un coach réputé ne peut pas déléguer son travail à quelqu’un d’autre… Une fois qu’il sera full, il ne pourra augmenter ses revenus qu’en augmentant ses tarifs horaires.
  • Suite aux délocalisation massives de pôles complets de grosses entreprises dans des pays émergents et avec l’avénement de plateformes comme Freelancer ou Fiverr, les tarifs tendent à diminuer (ainsi que les qualités des prestations…).
  • Attention à la “mono-dépendance” (n’avoir qu’un seul gros client). Premièrement, c’est interdit pour certains status comme celui de l’auto-enttrepreneur, et secondement, la perte d’un gros client peut couler une entreprise en quelques mois. Il faut donc avoir plusieurs “bons clients” pour limiter les risques.

Mon conseil est le suivant : optez pour un modèle économique basé sur ces 2 types de revenus, l’un passif, l’autre provenant de prestations de services. Votre entreprise sera plus solide.

Je vais prendre mon exemple pour que puissiez bien comprend l’intérêt de travailler avec ces 2 types de revenus.

  • En tant que consultant et webmaster, j’accompagne des blogueurs et entrepreneurs. Cette activité représente un peu moins de la moitié de mon temps de travail. Elle me permet de m’auto-former en continue, d’acquérir toujours plus d’expérience, d’échanger avec des entrepreneurs, d’élargir mon réseau et les thématiques sur lesquelles je travaille et de générer un revenu horaire correct. Les résultats de cette activité ne dépendent quasiment que de mon réseau et de la qualité de mes prestations.
  • Sur mon blog Kalagan.fr et sur plusieurs autres blogs et sites internet que je co-administre, je génére des revenus publicitaires au clic, à l’affichage, des revenus liés à des ventes de produits et services numériques, des revenus provenant de commissions d’affiliation. Ces revenus dépendent entièrement du trafic sur mes différents sites internet et des taux de transformations.

Ces 2 sources de revenu sont donc complémentaires et totalement indépendantes. Si l’un de ces 2 revenus diminue fortement, l’autre me permet de tenir le coup.

Cela m’est arrivé il y a environ un an, d’avoir une baisse de mes revenus passifs. Mes revenus de prestations de services m’ont permis de me laisser quelques mois afin de rebondir.

Ce modèle est-il le meilleur ?

Non. Le meilleur modèle, c’est d’avoir le maximum de revenus passifs, on est tous d’accord. Avoir un modèle économique automatisé comme les blogueurs le plus riches, c’est ce que tout le monde aimerait ! Le problème, c’est qu’il faut plusieurs années pour réussir à générer un revenu passif correct.

Avec une bonne stratégie et un bon concept, voire avec un investissement initial de plusieurs milliers d’euros, certains arrivent à générer des revenus passifs rapidement, dès la première année de leur activité. Mais dans la majorité des cas, les revenus passifs générés lors du début d’une activité sont trop faibles. Il faut donc compenser avec des prestations de services.

Et une fois que les revenus passifs sont suffisants, on diminue le temps de travail en tant que prestataire tout en augmentant ses tarifs, qu’on réinivestit dans ses revenus passifs. Ensuite, on délègue de plus en plus et on atteint petit à petit la semaine de 4 heures. J’avoue, c’est un sacré raccouci. Mais vous avez compris le principe…

Ne sautez donc pas les étapes. Beaucoup se focalisent dès le départ sur des revenus passifs, certes automatiques, mais faibles. Ils ont alors du mal à investir et à se développer. Alliez ces 2 sources de revenus et votre entreprise gagnera en stabilité.