Road trip de 5 jours au Maroc

Cela faisait déjà bien longtemps que mon pote Aurélien, initiateur de mon voyage en Croatie, voulait m’emmener en road trip au maroc. Il est tellement facile avec Ryan Air de prendre l’avion pas cher que j’ai rapidement succombé à l’appel du désert, des souks et des cornes de gazelles. Accompagnés de sa soeur Pauline et d’une amie thaïlando-baroudeuse, Agathe, nous partions pour 5 jours au Maroc, de Marrakech jusqu’aux portes du désert, à Merzouga : un dernier speed travel avant mon départ pour le Kenya.

Road trip de 5 jours au Maroc

Itinéraire de nos 5 jours au Maroc

Ce n’est sûrement pas à Aurélien que je vais apprendre à voyager pas cher. Amateur de culture marocaine et de billets d’avion au rabais, mon business friend nous a préparé un itinéraire d’enfer :

  • J1 : Traversée des montagnes par Aït-Ben-Haddou vers une chambre d’hôtes à Skoura
  • J2 : Gorges du Toudra et excursion dans le désert du Merzouga
  • J3 : Retour à Ouarzazate pour un hôtel 4 étoiles avec piscine et Hammam
  • J4 : Retour à Marrakech pour apprécier l’ambiance de la place Jamaâ El Fna
  • J5 : Shopping marocain dans les souks de Marrakesh

5 jours maroc

De Marrakech à Skoura

En sortant de l’avion, j’ai tout de suite ressenti l’atmosphère de mes voyages en Afrique. Une odeur de chaleur, spécifique à l’Afrique, indescriptible mais facilement reconnaissable. En sortant de l’aéroport avec notre Peugeot occasion, la circulation m’était tout aussi familière : une anarchie de voitures, de camions, de motos, de scooters, de piétons, de calèches et d’ânes. Encore pire qu’à Kampala ! D’ailleurs, au deuxième rond-point, une moto nous rentre dedans. Malgré la tentative d’un policeman de nous faire payer une amende sans constat de 700 dirhams (environ 60 euros), on a eu plus peur que mal. Soulagé d’être sorti de la ville, on entamait une longue route de montagne sinueuse pour atteindre Aït-Ben-Haddou, exemple frappant d’architecture sud-marocaine. Arrivés en fin de journée à Skoura, nous rencontrâmes Mohammed dans sa chambre d’hôtes La Palmeraie. Avec sa femme, il nous concocta un délicieux tajine que je ne suis pas prêt d’oublier.

Aït-Ben-Haddou

Traversée de la vallée de Dadès vers Merzouga

Levés tôt le matin, nous reprenions la voiture, direction les gorges du Toudra. Celles du Dadès, les plus connues du Maroc, étaient apparemment trop enfuies dans les montagnes pour que nous puissions les visiter en quelques heures. Après un repas succinct composé de brochettes de boeuf aussi tendres que des morceaux de viandes crues, de frites molles baignées dans l’huile et de morceaux de kefta à la provenance douteuse, nous nous dirigions vers Merzouga. Nous dûmes faire un détour par le Nord, vers Errachidia, car la route était bloquée par des grévistes. Juste avant le barrage, on nous propose de faire demi-tour, au risque de se faire “casser la voiture“. Quelques heures plus tard, nous arrivions à Rissani, très connues pour ses “filous” touristiques. La plupart des panneaux vers Merzouga étaient retirés ou barrés, afin d’emmener les touristes dans des attrapes-nigauds. Grâce aux indications d’un policeman et à nos sens affûtés de l’orientation, nous sortions de Rissani et découvrions la route désertique vers Merzouga, où l’on pouvait distinguer au loin, recouvertes d’un brouillard gris de poussière, les premières dunes de sable du désert.

Gorges Tudra

Excursion dans le désert de Merzouga et dromadaires

Arrivée à Merzouga, Ali nous attendait avec un convoi de dromadaires pour 2 heures de promenade à la tombée de la nuit. Il a fallu que j’appelle mon dromadaire Rafiki, le vieux sage babouin dans le Roi Lion, qui signifie aussi l’ami en swahili (rafiq en arabe), pour m’apercevoir quelques dizaines de minutes plus tard qu’il était le plus vieux dromadaire du groupe, et qu’il portait bien son nom. Commençait alors une ballade dans le désert, de plus en plus sombre, sous un ciel bleu nuit qui petit à petit, s’éclairait d’une lune quasi-pleine. C’est assez physique de monter un dromadaire pendant 2 heures, surtout quand sous la fatigue, il se met à tomber en avant sur les genoux, juste après que Mohammed me dit que seuls quelques japonnais avaient quitté leur monture, appareil photo en main. Bien fixe sur mes appuis, j’ai esquivé la chute sereinement : une acrobatie en dromadaire qui fît bien rire mes compagnes. Nous arrivions enfin au camp nomade, monté au pied de la plus haute dune du désert de Merzouga. Avec Aurélien, on a pas pu s’empêcher de monter tant qu’on le pouvait la dune de face pour s’asseoir en plein désert et observer en toute quiétude un ciel étoilé vraiment magnifique. Après une nuit à la belle étoile, nous nous levions à 5h du matin pour escalader la dune au lever du soleil, quasiment jusqu’au sommet, avec un snowboard berbère en main. Malheureusement, le surf était en piteuse état, et le sable trop froid pour faire glisser la planche. On m’apprit plus tard que la fin d’après-midi était le meilleur moment pour descendre en snowboard une dune de sable. Bon à savoir pour la prochaine fois. De retour au petit matin à la Kasba berbère de Merzouga, on se revigora d’une bonne douche et d’une bonne baignade dans la piscine d’Ali.

convoit de dromadaire

Route du Sud vers Ouarzazate

Nous continuâmes notre road trip au Maroc en prenant la route du Sud vers Ouarzazate, beaucoup moins fréquentée que celle du Nord. Après un arrêt à N’Kob pour goûter la fameuse omelette berbère, nous nous arrêtâmes une nuit dans un hotêl Mercure 4 étoiles, pour profiter d’une fin de journée conviviale et bien reposante dans la piscine de l’Hotel où l’on prit le temps de prendre son temps. Nous goûtions alors aux joies d’un hôtel de luxe au Maroc. Plus tard dans la soirée, je me revigorais d’un couscous végétarien sur la place de Ouarzazate, animé par des enfants qui jouaient au foot, par un joueur de luth et par une multitude de chats arabes des rues.

N'Kob

Jamaâ El Fna, souks et Arnakech

Nous en étions au quatrième des 5 jours au Maroc, celui où nous allions nous séparer de la voiture de location. Après un petit tour très matinal sur internet dans l’hôtel voisin, nous reprîmes la route montagneuse vers Marrakesh, et cette fois-ci, sans accident, nous arrivions à l’heure du rendez-vous pour rendre la voiture. J’entammais une reconfiguration de mon sac à dos et un rapide calcul budgétaire avant de marcher vers la place Jamaâ El Fna et les fameux souks de Marrakech : une ceinture, des savons et des épices, j’avais déjà quelques idées d’amplettes. Les souks labyrinthiques de Marrakech regorgeaient d’objets arabes de tout genre, de cuirs, de babouches, d’épices, de fruits secs et de tajines dont les prix défiaient toute concurrence. L’heure du marchandage était arrivée. Pour cette activité culturel, quasiment religieuse au Maroc, toutes les techniques sont bonnes à essayer. La meilleure d’entre elles : connaître à peu près le prix de ce que l’on veut acheter, casser par 3 la proposition du marchand, et rester ferme, car marchander une ceinture de cuir à 90 dirahms au lieu de 250 peut prendre plusieurs dizaines de minutes. Malheureusement, ça en devient malhonnête quand même les tarifs des taxis et les additions dans les bars ou restaurants sont faussés. Alors que je prenais plaisir à marchander lors de mes voyages en Afrique, à Arnakech, le vice est poussé bien trop loin. Le sentiment de porte-feuille sur pattes en est décuplé, et ça en devient très désagréable.

Une fois la nuit tombée, la place Jamaâ El Fna offre une spectacle inouï d’animations, de musiques, d’odeurs et de saveurs. Littéralement traduit par assemblée des trépassés, où l’on exposait jadis sur ordre des sultans les têtes des condamnés à mort exécutés, la place est aujourd’hui devenue un haut-lieu touristique. Tout commence par l’inévitable jus d’orange frais à 4 dirhams (comptez 10 dirhams pour le jus de pamplemousse, ma foi, délicieux). Ensuite, viennent les pastillas de poulet, les bols d’escargots au bouillon de poivre, les soupes marocaines et les thés très épicés à la cannelle, aux clous de girofle, au gingembre et à la poudre blanche de concentré de menthe. Réservez le cul-sec aux buveurs de thé avertis. Un dernier conseil, si vous mangez sur la place, demandez à payer tout de suite ce que vous consommez, car l’addition surestimée correspond rarement à ce que vous avez mangé. Pour rentrer le soir dans le nouveau Marrakech, vous avez le choix : vous faire arnaquer par un taxi, marchander sévèrement ou rentrer à pied.

Dernière matinée de souk et retour à Beauvais

Le lendemain, nous sommes retournés à la médina, dans le sud de la vieille ville, moins touristique mais plus pauvre. On y retrouve plutôt des légumes, condiments, des bouchers et des poissonniers. Un excellent endroit pour acheter des pâtisseries, notamment ces délicieux samousas aux cacahuètes. Après un dernier repas au McDo (je n’ai pas craqué et n’y ai pris qu’un grand café), nous négociâmes ardemment avec un taximan pour retourner à l’aéroport.

Malgré le coté excessif des arnaques attrapes-touristes, ce road trip de 5 jours fût bien mené et agrémenté de belles rencontres. Pour reprendre l’expression de Pauline, “le Maroc, ça envoit du rêve !”.