Travailler depuis l’étranger : les modalités

Quand on travaille à son compte et que l’on veut partir en voyage dans un pays étranger pour quelques mois, des questions sur les modalités administratives et fiscales surgissent. A moins d’avoir un expert comptable sous la main, on se retrouve seul devant internet, à chercher les réponses dans un nuage d’informations. C’est ce qui m’est arrivé ! Au bout de plusieurs semaines de recherche sur les forums, je fais aujourd’hui un point sur les réponses qui m’ont été apportées et vous dévoilent les modalités pour travailler depuis l’étranger

Travailler depuis l'étranger

Les avantages de travailler depuis l’étranger

Quoi de plus agréable que de travailler avec son ordinateur au bord de la plage, dans un hamac ou dans un pelouse curieusement trop verte ! Même si le webmarketing à l’américaine exagère toujours, il faut bien reconnaître que ça peut apporter beaucoup d’avantages :

  • Choisir son bureau parmi les pays les plus agréables et les plus ensoleillés;
  • Profiter des coûts de vie peu élevés de certains pays pour dépenser moins;
  • S’inspirer du dépaysement pour augmenter sa motivation;
  • Acquérir un sentiment fort de liberté géographique;
  • Augmenter son potentiel de clientèle et de partenaires;
  • Perfectionner ses langues et apporter une expérience internationale à son CV.

Travailler depuis l’étranger permet de se loger à l’étranger pour pas cher mais requièrt aussi une certaine organisation administrative et fiscale. Je parlerais plus spécifiquement de services sur internet, de webmastering ou de blogging, mais ça peut aussi valoir pour d’autres types d’activités.

Travailler depuis l’étranger sur des projets français

La première régle qu’il faut respecter, c’est de toujours avoir un domicile officiel en France. C’est à ce domicile que vous recevrez votre courrier, que vous serez inscrit pour les impôts, … C’est votre résidence. Elle sert à vous définir résident français. On entend souvent parler qu’il faut vivre en France pendant 6 mois pour être considéré comme résident.

Voici la définition juridique pour être domicilié fiscalement en France (au choix) :

  • Avoir son foyer en France, (résidence habituelle et/ou famille en France) ;
  • Avoir un lieu de séjour principal en France (y résider 183 jours par an) ;
  • Exercer une activité professionnelle en France ;
  • Avoir le centre de ses intérêts économiques en France.

Avoir une résidence officielle en France et gérer une entreprise française (auto-entrepreneur, SARL, micro-entreprise, …) suffit donc pour être considéré comme résident français. Une fois cette contrainte prise en compte, il est donc possible de travailler depuis n’importe où dans le monde.

Travailler depuis l’étranger sur des projets étrangers

Quand il s’agit de travailler depuis l’étranger sur des projets locaux, celà devient plus compliqué. En effet, selon les pays, il faut dans certains cas disposer d’un permis de travail ou d’un visa de travail. Prenons l’exemple du Kenya, ma prochaine destination (et oui, mon contact malawien déménage en septembre au Kenya, ce qui à pour conséquence de changer mon itinéraire) :

“Le permis de travail est obligatoire pour toute activité, salariée ou non, au sein d’institutions, de compagnies ou d’organismes installés au Kenya.”

Mais qu’en est-il si on travaille à son compte pour une société française ? Un webmaster pourrait notamment proposer ses services à des entreprises locales et les facturer au nom de sa société française (sans TVA pour les pays hors-UE). Cela est plus délicat, surtout qu’en on s’apperçoit qu’un Work Permit s’achète environ 1000 euros, pour une validité d’un an.

Si on est gérant ou salarié d’une société (SARL, EURL, …), on peut déclarer dans une lettre adressé à l’ambassade du pays une demande de visa de travail (ou business visa) pour un voyage d’affaire en tant que consultant envoyé pour une mission longue. Ce visa justifiera l’exercice d’un activité professionnel dans le pays d’accueil et vous reviendra beaucoup moins cher qu’un permis de travail.

Dans les autres cas, je vous conseille de toujours contacter l’ambassade du pays d’accueil pour être certain de la légitimité de votre activité.